Les Choeurs du Petit-Ry Chorale mixte Ottignies Louvain-la-Neuve

Le mot de Mélanie lors de l’AG 2020

Bonsoir [sourire gêné, *mais on vient de passer une heure de répétition ensemble où t'as pas arrêté de causer, et tu leur dis encore « Bonsoir ! »]

J'ai conscience que ce n'est pas la meilleure manière de commencer un discours, mais je vais débuter par des choses peu agréables.
Certains et certaines d'entre vous le savent, je travaille les mardi, mercredi et jeudi dans les écoles de Molenbeek. J'ai sous ma responsabilité des groupes d'enfants qui sont géniaux mais assez infernaux.
Or, le jeudi soir, j'ai souvent l'impression de me trouver de nouveau à Molenbeek, et n'en suis pas forcément ravie.
Il ne me semble pas que vous soyez des enfants issus de milieux précarisés, vous avez donc beaucoup moins d'excuses qu'eux pour vous comporter de la sorte.

J'ai bien conscience que vous venez à la chorale pour vous détendre, après une longue journée de boulot ou de jeux avec les petits enfants, et que la tentation est grande de parler avec votre voisin.e, mais voilà ; nous sommes 80 choristes et bien souvent 60 en répétition ! Cela demande que chacun.e fasse un effort de discipline.
D'aucun.e.s me suggèrent de nommer les gens qui bavardent trop. Ce serait en effet la solution la plus efficace. Mais je ne veux pas devoir en arriver là. J'ai en effet bien souvent le quart de votre âge le tiers/la moitié de vos âges, je ne vais pas commencer à vous engueuler ! Et puis, je suis musicienne, pas institutrice primaire ou maternelle…
Je sais que personne ne vient ici dans le but de gâcher une répétition de son plein gré ; que les commentaires portent parfois sur les chants, mais je vous demanderai vraiment de faire attention. Lorsque vous avez une question, par exemple, au lieu de la poser à votre voisin.e, posez-la moi ; je ne pense pas être particulièrement agressive lorsque je vous réponds.
De même, si vous êtes tenté.e de faire une remarque à quelqu'un.e de votre pupitre quant à la justesse de ce qu'iel est en train de chanter, sachez que j'ai des oreilles de cheffe et que j'ai donc bien souvent entendu. Je pense donc pouvoir faire la remarque moi-même (parfois je ne la fais pas tout de suite, pour des raisons d'avancement de répétition, c'est que je ne la juge pas urgente!).
Et puis, je pense qu'écouter est la solution ; combien de fois n'ai-je pas du répéter 36 fois le numéro du chant que nous prenions, ainsi que le numéro de mesure, parce que le bruit était trop intense ?
Je pense que tout le monde est d'accord ici pour dire que notre confort de répétition serait bien plus grand sans ce brouhaha quasi permanent.

Je souhaiterais également insister sur l'échauffement. J'avoue être un peu vexée lorsque je constate que de nombreuses personnes son encore en train de discuter devant la porte alors que nous avons déjà entamé la répétition, et malgré mes appels au micro. Je considère personnellement l'échauffement comme le moment le plus important de la répétition ; il nous permet de nous recentrer et de croiser nos énergies après des journées souvent bien remplies. D'où mon échauffement corporel également – oui, bouger la cheville est déjà quelque chose d'important et qui fait partie de la répétition. Je trouve que ce serait faire preuve de respect envers moi-même et celleux qui sont toujours sur le pont lorsque nous commençons que de venir nous rejoindre à l'heure.

Mon dernier point dans la catégorie « pas forcément positif » est d'avantage en demi-teinte. Je voudrais parler de l'attitude générale.
Que cela soit très clair : je ne vous considère PAS comme une chorale de vieux et vieilles. Vous êtes une chorale d'amateurices, cela est clair aussi, mais vous êtes en assez bonne forme physique, et vous avez une voix (et souvent de bonnes compétences en chant choral!). Je ne souhaite donc pas vous ménager, mais continuer à vous – à nous – faire progresser, pour toujours viser mieux.
Je me rends bien compte que j'ai beaucoup de chance avec vous, que j'aurais pu tomber sur une bande de ******. He bien non, et c'est génial. Mais je souhaitais du coup vous dire de ne pas avoir peur ; je ne vous ferai jamais faire quelque chose que je ne pense pas être dans vos cordes. Lorsqu'un chant me paraît infaisable, je ne l'inscris pas au répertoire, ou je me rétracte comme c'est arrivé récemment.
Le nombre de choristes qui viennent en général me trouver quelques semaines avant les concerts en disant qu'on n'y arrivera jamais… alors qu'on y arrive toujours finalement !
Je voulais vous dire de ne pas avoir peur d'explorer de nouvelles choses et d'aller au-delà de ce que vous pensez être vos limites, avec persévérance. La musique c'est cela aussi ; se tromper mille fois pour peut-être réussir à faire quelque chose de beau un jour.

Bon, voilà, j'ai fini mon sermon.
Je souhaitais vous dire dans les choses très positives, que nous avons passé encore une très belle année. Nous avons fait de magnifiques concerts, et je me réjouis de commencer le conte (le jeudi après les vacances!) avec vous ; ce sera un très beau projet !

Merci pour votre travail, je me rends bien compte que les concerts sont aussi réussis grâce aux efforts que vous fournissez à la maison.

Nous avons également vécu beaucoup d'émotions très diverses, et je souhaite vous remercier pour cela, et que vous dire que,pour moi aussi, ça compte beaucoup !
(J'ajoute en retranscrivant mon discours que cette dernière phrase est de loin la plus importante de mon discours, même si elle occupe bien peu de place par rapport aux premiers paragraphes;)).